THIERS
Lycée
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UN LYCEE AU COEUR DE L’HISTOIRE

mardi 5 février 2013

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Les élèves qui fréquentent le lycée Thiers aujourd’hui sont les héritiers d’une succession de générations qui ont contribué à forger ce lieu privilégié d’éducation et d’instruction. Une telle dynamique méritait d’être replacée dans le contexte historique de l’évolution de l’enseignement, tant dans notre région qu’en France.

Les débuts du Lycée de Marseille

La loi du XI floréal an X (1er mai 1802) décidait la création de quarante-cinq lycées dans toute la France.

Le troisième établissement d’Etat créé fut le lycée de Marseille qui ouvrit le 1 nivôse an XI (22 décembre 1802).

L’installation se fit, signe des temps, dans l’ancien couvent des Bernardines édifié en 1746 sur un vaste espace vert de trois hectares situé alors hors des portes de la ville, devenu à la Révolution propriété nationale. Son premier Proviseur fut cependant un ecclésiastique, l’abbé ROMAN. Et avec la contribution du naturaliste CUVIER, Inspecteur général des Etudes, et du Préfet DELACROIX, la vie et les études du nouveau lycée s’organisèrent peu à peu conformément à l’article 10 de la loi fondatrice qui précisait : « on enseignera dans les lycées les langues anciennes, la rhétorique, la logique, la morale et les éléments des sciences mathématiques et physiques ».

Il y a rapidement près de trois cents élèves au lycée dont cent cinquante internes. L’un d’eux, qui s’illustra lors de la dramatique répression de la Commune, fut ensuite considéré comme le sauveur de la République : il s’agit du Président Adolphe THIERS qui fut élève de 1807 à 1814.

Tous ces élèves portent alors un uniforme : habit et culotte bleus, chapeau à cornes, ceinturon et guêtres. Ils sont divisés militairement en compagnies et leurs déplacements sont scandés par le roulement du tambour. Il faudra attendre 1815 pour que la cloche remplace le tambour et le frac l’uniforme militaire.

L’ESSOR

Devenu « Collège Royal » sous la Restauration, notre établissement poursuit son évolution. Les élèves progressent en effet sensiblement en nombre et surtout se diversifient : pensionnaires libres, boursiers nationaux et communaux, externes. Leur origine se diversifie : Levant, Italie, Espagne, Grèce et aussi Amérique. Tous ces jeunes provenant de différentes parties du monde viennent s’ajouter au recrutement national.

Ce véritable cosmopolitisme s’explique par le rayonnement commercial de la ville. Aussi, dès 1833, est créé un enseignement secondaire spécial qui, sous des noms divers, répond aux exigences du commerce et de la vie économique d’une cité en pleine expansion.

Un événement tragique marqua la vie du lycée durant cette période : le décès subit en 1836, dans les locaux de l’infirmerie, du physicien AMPERE, membre de l’Académie des sciences mais aussi Inspecteur général de l’Instruction Publique. En hommage à ce grand savant, CHATEAUBRIAND fit édifier, lors d’un passage à Marseille en 1838, une croix sur sa tombe.

Sous le Second Empire et la Troisième République, le lycée accompagna les modernisations de la société française. Très tôt sont créées les Classes Préparatoires aux «  Concours du gouvernement », en particulier ceux pour entrer à Polytechnique ou à Saint-Cyr. En 1897, un cours ayant pour base le programme d’entrée à l’E.S.C Marseille est institué, ceux préparant à l’Institut Agronomique et à l’Ecole Centrale existant déjà. Et bientôt, les Classes Préparatoires à l’Ecole Normale Supérieure (lettres) et à l’Ecole de la France d’Outre-Mer viennent s’ajouter à la liste des Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles auxquelles peuvent accéder les meilleurs élèves.

Faisant sienne la devise d’un marseillais célèbre, Pierre PUGET : «  nul bien sans peine  », l’établissement se hisse « au premier rang parmi ceux des départements » selon un rapport de l’Inspection générale de 1889. On peut alors comprendre que, fiers
d’une telle notoriété, nombre d’élèves eurent à cœur de témoigner leur attachement au lycée dans lequel ils avaient effectué leurs études : c’est ainsi que naquit en 1866 l’Association des Anciens Elèves, toujours active de nos jours.

UNE GÉNÉRATION DE LITTÉRAIRES AU DÉBUT DU SIÈCLE

Entré au lycée en 1905, Marcel PAGNOL suivra après sa classe de
philosophie 1, les cours de Première Supérieure. Ses condisciples d’alors s’appellent Albert COHEN, mais aussi Marcel BRION qu’il retrouvera plus tard à l’Académie Française.

L’émulation littéraire qui règne à cette époque a sans doute poussé PAGNOL à créer, dès ses années de lycée, la revue Fortunio qui deviendra sous la direction d’un autre ancien élève, Jean BALLARD, Les Cahiers du Sud dont l’aventure se poursuivra jusqu’en 1966.

Si notre établissement était toujours «  le Grand Lycée  » de Marseille, au moment de la « Grande Guerre » où nombre de professeurs et d’élèves firent don de leur vie au champ d’honneur, l’augmentation de la population et la gratuité de l’enseignement entraînèrent la création de nouveaux établissements d’enseignement secondaire. Pour les différencier, il devint nécessaire de leur donner un patronyme.
Le nom d’Edmond ROSTAND, qui fut élève de 1879 à 1884, était favori. Pourtant, le 3 Mai 1930, c’est celui d’Adolphe THIERS qui fut choisi.

DES AMÉNAGEMENTS INCESSANTS

L’histoire du lycée THIERS a été marquée périodiquement de travaux
d’agrandissement des locaux. Déjà, à partir de 1845, sont édifiées les classes des externes avec leur longue galerie couverte rappelant celle d’un cloître : elles accueillent de nos jours les « Classes Prépa ». La grande porte donnant sur le Cours Julien ne fut percée qu’en 1893. Un siècle plus tard comme dans nombre de vieux lycées de la Région, d’importants travaux s’imposent pour réhabiliter des bâtiments devenus vétustes.

Un « Plan Lycée Réussite » est élaboré par le Conseil Régional et c’est dans le grand parloir de notre établissement que son Président en donnera en 1990 le « coup d’envoi ».

Les travaux débuteront par la construction d’un nouveau et très moderne bloc scientifique. Mais était-il possible de mettre au rebut les anciens mais magnifiques instruments et appareils de laboratoire, dont certains remontaient à la création du lycée ? Grâce à un partenariat avec EDF, une exposition permanente est créée permettant à nos élèves de mieux percevoir l’histoire de l’évolution des sciences.

Les nouveaux locaux sont accueillis avec satisfaction : un lumineux restaurant scolaire au style très contemporain remplace avantageusement le sombre réfectoire décrit par PAGNOL et un deuxième niveau de CDI est installé à la place des anciens dortoirs.

L’importance des travaux justifiera une nouvelle inauguration des lieux qui se déroulera le 29 Mai 1996 sous la Présidence de Monsieur Jean-Claude GAUDIN, Ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Intégration, Président du Conseil Régional de la Région PACA et Maire de Marseille.

UNE PÉPINIÈRE D’ANCIENS ILLUSTRES

Notre lycée est maintenant, dans tous les sens du terme, au centre de la ville. Une ville qu’on peut parcourir en empruntant des rues qui portent les noms d’anciens élèves : de la rue ALBRAND au boulevard Paul PEYTRAL, de la place Gabriel PERI à la rue Horace BERTIN et au boulevard MONTRICHER.

Si chacun sait qu’Edouard BALLADUR prépara et réussit son bac philo à Thiers avant d’accéder au gouvernement de la République, on n’oubliera pas Emile OLLIVIER, le fameux ministre de Napoléon III qui fit ses humanités en 1815 au « Collège Royal ».

La liste est longue des élèves qui ont appris ici l’esprit de rigueur et le goût du travail. Citons parmi les hommes politiques : Maurice ROUVIER, président du Conseil en 1905, Félix GOUIN, président du gouvernement provisoire, André PHILIP, ministre de la France Libre.

Parmi les artistes  : Ernest REYER, le compositeur, Louis DUCREUX, Jean Marie ALIBERT ( fils d’André ) , Pierre BARBIZET.

Parmi les littéraires  : Horace BERTIN, Joseph MERY, Paul ARENE (La chèvre d’or), Ferdinand BRUNETIERE, Emmanuel EYDOUS, Ferdinand LALLEMAND (Journal de bord de Pythéas), Gabriel AUDISIO, Marcel MERTENS, Paul FABRE et André ALAUZEN, tous deux membres de l’Académie de Marseille, les historiens Camille JULLIAN, Henri-Iréné MARROU, Pierre GUIRAL, Marc FUMAROLI aujourd’hui professeur au Collège de France.

Parmi les militaires  : le colonel BONNIER massacré par les Touaregs sur la piste de Tombouctou, le général SCHMITT, chef d’Etat Major des Armées durant la première guerre du Golfe, le général PARRAUD, ancien commandant de l’Ecole Polytechnique, le général HUCHON, gouverneur militaire de Marseille.

Parmi les scientifiques et industriels  : Charles LIVON, fondateur de l’Institut antirabique, Jean-Marie PERES, directeur de la station maritime d’Endoume, membre de l’Académie des Sciences, le Commandant TURCAT, pilote d’essai de Concorde, André GARNAULT, père fondateur de l’Aérotrain et dont le nom est associé à la fusée
Ariane, Serge TCHURUK, PDG d’Alcatel, Jean PEYRELEVADE, ancien PDG du Crédit Lyonnais, Pierre TAPIE, Directeur de l’ESSEC, Claude IMAUVEN, PDG de Saint Gobain-PAM….

Et la liste n’est pas exhaustive !

 
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