THIERS
Lycée
MARSEILLE - tél : 04-91-18-92-18
 

Le voyage à Grenoble des élèves de Première L et d’une élève de Première ES2

lundi 26 mars 2018, par Anfossi Jean-Marc, DOSIERE Sabine

Comment croiser le Français, l’Histoire & Géographie (et l’étude du Latin)

24 élèves de 1ère L et une élève de 1ère ES2 ont participé à un voyage historique et littéraire dans la région de Grenoble mercredi 21 et jeudi 22 mars en compagnie de Mme Tonelli (Lettres) et de M. Anfossi (Histoire et géographie).




Pourquoi ce voyage à Grenoble ?

L’objectif était de permettre aux élèves de se familiariser de la façon la plus directe possible avec plusieurs thèmes de leurs programmes de Français et d’Histoire, en découvrant les lieux où Stendhal a passé sa jeunesse, en visitant aussi des lieux de mémoire et en découvrant une région au riche patrimoine.


Un des foyers de la Révolution de 1789



Le Domaine de Vizille abrite un parc de 100 hectares et un château du XVIIème siècle. Ce domaine a été bâti et son jardin aménagé pour un compagnon d’armes du roi Henri IV, le connétable de Lesdiguières (1543-1626), un noble protestant qui finit, comme son suzerain, par se convertir au catholicisme.

Le nom de Lesdiguières survit aujourd’hui dans la mémoire locale parce qu’il a été donné à un bel hôtel de Grenoble ainsi qu’au stade de rugby (actuellement, l’équipe de Grenoble évolue en Pro D2).

Le domaine de Vizille passa au XVIIIème siècle à une riche famille de la bourgeoisie du Dauphiné, les Périer : Claude Périer y installa une manufacture d’impression sur tissu et en bon libéral, il y faisait travailler, pour une bouchée de pain, des enfants de 6 ans pendant 15 heures par jour tout en se présentant comme un adversaire de l’arbitraire royal : alors que l’assemblée du Dauphiné ne pouvait se réunir à Grenoble par suite de l’interdiction royale, Claude Périer accueille les députés des trois ordres de la province dans son château à l’été 1788.

C’est une étape importante aux origines de la Révolution française : les nobles libéraux et la bourgeoisie réclament des réformes politiques et la limitation du pouvoir royal. Le grand-père maternel de Stendhal, le docteur Henri Gagnon, était présent à l’assemblée de Vizille et fit partie des députés du Tiers État de la ville de Grenoble. Le fils de Claude Périer, Casimir Périer, fut un condisciple de Stendhal à l’École Centrale de Grenoble (rebaptisée lycée quelques années plus tard) et ce Casimir Périer fut l’arrière-grand-père de l’homme politique du même nom qui fut président de la République au moment où éclata l’affaire Dreyfus.

On voit que la découverte du musée de Vizille a permis aux élèves de toucher du doigt plusieurs des points-clés de leurs programmes d’Histoire tout en les connectant à des sujets étudiés en Français, mais aussi en Latin avec l’inscription gravée au pied du château et que les élèves ont pu déchiffrer avec l’aide de leurs professeurs.


Un peu d’épigraphie latine, juste pour le fun.

Une inscription latine au bas du grand escalier du château .


La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen


Reproduction des articles de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dans le musée de la Révolution française à Vizille .


La mémoire des orateurs et tribuns de la révolution française

Plusieurs acteurs majeurs de la période révolutionnaire sont évoqués dans les collections du musée, comme Robespierre et Marat :



Monument à la mémoire de Marat, l’Ami du peuple, assassiné par la royaliste Charlotte Corday en 1793

« Est-ce que votre blanquette est bonne ? »

Acquis par l’État en 1924, le Domaine de Vizille devint une des résidences de la présidence de la République et hébergea plusieurs d’entre eux comme Albert Lebrun, René Coty (surtout connu aujourd’hui à cause de son évocation dans le film OSS 117) et le général de Gaulle. Cédé ensuite au département de l’Isère, le domaine abrite le musée de la Révolution française depuis les années 80.




Le président de la République Albert Lebrun (1932-1940) dont un buste est exposé au château de Vizille. Le général de Gaulle a dit de lui dans ses Mémoires que « pour qu’il fût un chef d’État, il ne lui aura manqué que deux choses : qu’il fût un chef et qu’il y eût un État  ».


Sur les pas du jeune Stendhal dans les rues de Grenoble



Les quais de l’Isère, torrent alpin qui devient un puissant affluent du Rhône.

Une petite balade à pied dans les rues de Grenoble nous a permis de découvrir le vieux centre urbain : cité romaine, la première mention de ce qui s’appelait alors Cularo figure dans une lettre à Cicéron, célèbre orateur et homme politique romain bien connu des élèves latinistes.
La collégiale Saint-André est un exemple d’architecture religieuse des XIIIème et XIVème siècles, et elle renferme le tombeau du fameux chevalier Bayard et son épitaphe en latin, pour le plus grand plaisir des latinistes :



Entrons chez Stendhal




Pour monter voir Stendhal, il faut d’abord sonner chez lui !

Le musée Stendhalest installé dans l’appartement de son grand-père maternel, le docteur Gagnon, où le futur écrivain a vécu une grande partie de son enfance et de sa jeunesse.
Il abrite une riche collection d’ouvrages et d’objets que notre guide, Mme Jallud, médiatrice culturelle de la Bibliothèque municipale, a présentée à des élèves subjugués.




Désir et des espoirs

Notre matinée stendhalienne s’est poursuivie à la Bibliothèque municipale de Grenoble, où nous avons été guidés dans l’exposition « Désir et des espoirs  » par Mme Billet, médiatrice culturelle, qui nous a fait découvrir de véritables petits trésors, comme ce cahier tenu en classe par Stendhal quand il était élève de l’École centrale de la ville (rebaptisé lycée quelques années plus tard) :




Grenoble entre Occupations et Résistance

Le musée de la résistance et de la Déportation de Grenoble a la particularité de concerner une ville et une région qui faisaient partie de la zone non occupée de juin 1940 à novembre 1942, puis ont été soumises à l’occupation italienne de novembre 1942 à septembre 1943, avant de connaitre l’occupation allemande de l’été 1943 à la Libération à l’été 1944.



Les élèves ont été très intéressés par une maquette interactive des hauts lieux de la Résistance et des maquis en Isère et en Savoie .

En Isère, une première rafle des Juifs étrangers est opérée par les autorités de Vichy en août 1942. Pourchassée, la population juive bénéficie à partir de novembre 1942 d’une relative protection liée à l’occupation italienne. L’occupation allemande à partir de septembre 1943 marque la phase la plus répressive à l’encontre de la population juive. Face à la barbarie, ceux qu’on appelle « les Justes » sont parfois liés à la Résistance, même si nombre d’entre eux agissent sans y être affiliée.



© http://www.resistance-en-isere.fr/indexPreHome.php


Une des expositions temporaires du musée de la Résistance et de la Déportation de Grenoble, dont le catalogue est disponible au CDI.

La fin de la visite du musée de la Résistance et de la Déportation de Grenoble a marqué le terme de notre séjour à Grenoble.

Élèves et professeurs ont pris le chemin du retour, contents d’avoir pu profiter au maximum de ces deux belles journées dans une ambiance aussi chaleureuse que studieuse.




Voir en ligne : Musée de la résistance et de la déportation, maison des droits de l’homme

 
Lycée THIERS – 5 place du Lycée - 13001 MARSEILLE - tél : 04-91-18-92-18 – Responsable de publication : M. Eric GALLO
Dernière mise à jour : vendredi 13 juillet 2018 – Tous droits réservés © 2008-2018, Académie d'Aix-Marseille